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Politique culturelle à Saint-Nazaire

mardi 8 octobre 2013, par EELV St Nazaire

Contribution de Philippe Meirieu

Contribution de François Billet

Je me présente : Je suis conseiller municipal de Saint-Nazaire et conseiller communautaire à la Carene (EELV). C’est mon premier mandat politique qui a démarré en 2008, après une carrière professionnelle comme responsable projet et responsable syndical dans la construction navale.

Je vous transmets mes réflexions sur 3 points en m’adressant aux élues présentes,
Bien sûr mon intervention n’aurai pas été aussi longue, que ce papier. Mais cette frustration me donne l’occasion de rédiger avec plus de précision ma pensée, enfin je l’espère... !

Avant tout, je souhaite remercier Hortense Archambault et Vincent Baudriller de leur "pilotage" du festival sur ces 10 années. J’ai assisté à de nombreux spectacles qui m’ont beaucoup apporté. Bravo !

1 - mon premier point ; la culture.
La culture est une compétence essentielle dans le monde d’aujourd’hui car l’art et la conaissance nous permettrons de répondre à l’impérieuse obligation de mettre en œuvre des transitions économiques, sociétales dans un monde complexe. Nous avons besoin de l’implication de chaque citoyen, pour construire ensemble notre vivre ensemble. La culture dans sa globalité (artistique, connaissances, éducation populaire, etc..) nous est plus que nécessaire, et ceci bien au-delà de la considération des aspects économiques, du développement de l’’attractivité et du rayonnement. Il ne faut pas "oublier" le rôle premier de la culture....
Je vous renvoie à la deuxième partie de l’éditorial de H.A. et V.B. du festival d’Avignon 2013, qui en parle bien mieux que moi.

2 - en 2ème point : le principe de subsidiarité.
Pour les écologistes, dans le cadre de la réforme territoriale, plutôt que d’utiliser l’expression de "mulitcompétences", nous préférons le principe de subsidiarité. C’est à dire que les compétences sont à tous les niveaux du mille feuilles. La répartition des missions entre ces niveaux doit privilégier autant que faire se peut le projet politique au niveau le plus proche des citoyens qu’est la commune, voire demain les conseils de quartiers.
Si nous appliquons cette logique à la compétence "culture", l’État a en charge les grandes lignes d’orientation de la politique culturelle française au niveau national, internationa, et un rôle d’équité territorial. Un festival comme Avignon d’envergure internationale, doit être "porté" au niveau national, mais aussi inscrit dans le local, l’interco, le département, la région, avec des participations financières à tous les niveaux du mille feuilles.

Je prends l’exemple de notre territoire :
- St-Nazaire - 65 000 hab. - la Communauté de communes "La CARENE" : 10 communes - 120 000 hab
- Une scène nationale à SNZ dans un nouveau théâtre de 830 places.
La compétence "culture" est actuellement au niveau des communes. Suite à un groupe de travail (interco), il ressort que les élu-es ne souhaitent pas que celle-ci soit remontée au niveau de la communauté d’agglo mais par contre ils souhaitent la possibilité de construction de projets culturels en partenariats avec la Scène Nationale de Saint-Nazaire, et que celle-ci puisse être source de propositions du fait de ses compétences.
La politique culturelle d’une ville doit rester sous la responsabilité de l’adjoint-e à la culture, charge à celui-celle-ci de mettre en place des partenariats avec des structures culturelles voisines, même en dehors des limites des intercommunalités.

Ce groupe de travail a aussi retenu que la communauté d’agglo ne devrait pas financer le fonctionnement, mais principalement l’investissement. Sauf sur un évènement exceptionnel !!

C’est la culture de projet qui permet d’échapper aux frontières liées aux découpages territoriaux, en créant des partenariats : entre villes, avec l’interco et/ou le département, et/ou la Région, et/ou l’Etat, et/ou avec des partenaires étrangers. Gardons de la souplesse !

3 - une autre politique publique !
Comme je l’écrivais au début de mon papier, le monde bouge, nous devons bouger, et nous devons agir en politique autrement. Nous devons inventer de nouvelles pratiques.
J’ai constaté au cours de ce premier mandat que le Maire élu pour 6 ans avec un projet, décline celui-ci, aidé par le personnel des services, des agences de développement, des bureaux d’études.... des spécialistes, tout cela sans démocratie interne à la collectivité et sans concertation des citoyens !
Ce management n’est plus tenable. Il faut inverser la méthode : d’une politique descendante, nous devons mettre en œuvre une politique ascendante.
J’avais la même réflexion en tant que cadre aux chantiers navals, Le taylorisme c’est bien, mais nous devons aussi utiliser tous les cerveaux de l’entreprise. L’ouvrier qui vit au quotidien dans son atelier, son lieu de travail, sait ce qui va, ce qui ne va pas. Il faut l’entendre....l’écouter..
Il en est de même en politique, nous devons être à l’écoute de nos citoyens.

Beaucoup de citoyens ont pleins d’idées, de projets. A nous, élu-es, de les entendre et de voir avec eux ce qui est possible. Ce n’est pas qu’une question de subvention. A nous élu-es de les mettre en réseau, de leur donner accès à des moyens, des savoirs, de mettre à disposition des lieux, etc...

Actuellement à Saint-Nazaire à coté de la Scène Nationale, nous avons une compagnie de théâtre conventionnée, une école de théâtre et un conservatoire à rayonnement départemental musique et danse, mais qu’une seule compagnie de théâtre et une seule compagnie de danse indépendantes et très peu subventionnées.

Pour une ville de cette taille c’est très peu et cela conduit nécessairement à une offre peu diversifiée tant en création qu’en actions sur le territoire.

En matière de culture, à coté de grands projets, il est important de faire éclore une biodiversité d’offres. C’est cette richesse qu’il faut soutenir et qui créera demain du mieux vivre.

Et pour conclure, un mot à l’attention de Sylvain Bourmeau de Libé :
Dans l’esprit de mon propos, Je pense que les forums que vous organisez devraient donner plus de place au débat avec le public.
Il faut sortir du schéma "universitaire" : le public vient écouter les sachants !
Je reconnais la nécessité des sachants, mais il me semble plus intéressant de donner 5 à 10 mn à chaque invité sur le sujet proposé et ensuite de partager l’échange avec le public. C’est une occasion pour les sachants d’entendre "les gens" !!

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